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Intro droit 4

Intro droit 4

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Vincent Gorlier

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1. Définitions des termes suivants :

  • Argument a pari : Il s'agit d'un raisonnement juridique par analogie. On applique à un cas non prévu par la loi la même solution qu'à un cas prévu, parce que les deux situations sont comparables.

  • Argument a contrario : Ce raisonnement repose sur l'idée qu'une disposition législative qui prévoit une solution pour une situation particulière exclut, par contraste, que cette solution soit appliquée à une autre situation qui n'est pas explicitement mentionnée. En d'autres termes, si la loi ne prévoit pas une règle dans un certain cas, on en déduit qu'elle ne s'applique pas.

  • Argument a fortiori : Ce type de raisonnement déduit qu'une règle applicable à une situation vaut a fortiori pour une autre situation plus évidente ou plus forte. Par exemple, si une règle s'applique à une situation grave, elle s'appliquera également dans un cas moins grave.

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2. Schéma relatif à la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC) :

Je vais te donner une explication textuelle d'un schéma que tu pourrais réaliser pour visualiser la procédure :

  1. Étape 1 : Soumission de la QPC

    • Une partie soulève une QPC lors d'une instance devant une juridiction.

    • Cette question porte sur une disposition législative qu'elle considère comme portant atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.

  2. Étape 2 : Examen par le juge de fond

    • Le juge vérifie si la disposition législative contestée est applicable au litige.

    • Il s'assure que la question n'a pas déjà été jugée conforme à la Constitution, à moins qu'il y ait eu un changement de circonstances.

    • Il vérifie également si la question est suffisamment sérieuse.

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Étape 3 : Transmission à la Cour suprême

  • Si ces conditions sont remplies, la juridiction transmet la QPC soit au Conseil d'État, soit à la Cour de cassation.

  • Étape 4 : Décision de la Cour suprême

    • La Cour suprême (Conseil d'État ou Cour de cassation) examine la QPC et décide si elle est nouvelle ou sérieuse.

    • Si oui, elle transmet la QPC au Conseil constitutionnel.

  • Étape 5 : Décision du Conseil constitutionnel

    • Le Conseil constitutionnel dispose de trois mois pour statuer sur la constitutionnalité de la disposition législative.

    • Si elle est jugée inconstitutionnelle, elle est abrogée à compter de la date fixée par la décision du Conseil constitutionnel.

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Introduction

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008, le droit français a introduit une nouvelle forme de contrôle de constitutionnalité : la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC), qui permet de soulever l'inconstitutionnalité d'une disposition législative déjà promulguée lors d'un procès. Ce contrôle dit "par voie d'exception" vient compléter le contrôle a priori, en permettant aux justiciables d'invoquer la violation de leurs droits fondamentaux garantis par la Constitution. Ce mécanisme confère un rôle crucial au Conseil constitutionnel, qui se voit doté d'une nouvelle compétence en matière de contrôle concret.

Ainsi, il convient de s'interroger sur les conditions nécessaires pour déclencher le contrôle par voie d'exception (I) et les effets de ce contrôle sur l'ordre juridique et les droits des justiciables (II).

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I. Les conditions du contrôle de constitutionnalité par voie d'exception

Le contrôle par voie d'exception ne peut être activé que dans certaines conditions spécifiques, encadrées tant par la Constitution que par la jurisprudence.

A. La recevabilité de la QPC

Pour qu'une QPC soit recevable, elle doit remplir plusieurs conditions de fond. La première condition est que la disposition contestée soit applicable au litige en cours. Cela signifie que la question doit concerner une disposition qui impacte directement l'issue de l'affaire portée devant la juridiction.

De plus, cette disposition ne doit pas avoir été déjà déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel, sauf en cas de changement de circonstances. Le Conseil constitutionnel vérifie également si la question présente un caractère sérieux, c’est-à-dire si elle pose un problème réel d'inconstitutionnalité, ce qui constitue une condition essentielle pour éviter les abus procéduraux.

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B. Le rôle des juridictions de renvoi

Le mécanisme de la QPC repose sur une procédure de filtre exercée par le juge ordinaire. Celui-ci doit dans un premier temps s'assurer que la question est pertinente au regard du litige et qu'elle n'a pas déjà été tranchée de manière définitive. Si ces conditions sont remplies, la juridiction transmet la question à l'une des deux juridictions suprêmes : la Cour de cassation ou le Conseil d'État, qui exercent un second contrôle sur la recevabilité de la question.

Ainsi, ce double filtre joue un rôle de régulation permettant d'éviter que le Conseil constitutionnel ne soit submergé de questions non pertinentes ou répétitives. Une fois ces étapes franchies, la QPC est alors renvoyée au Conseil constitutionnel pour un examen sur le fond.

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II. Les effets du contrôle de constitutionnalité par voie d'exception

Les décisions rendues par le Conseil constitutionnel à la suite d'une QPC ont des effets juridiques immédiats et impactent directement tant l'ordre juridique que les droits des justiciables.

A. L'abrogation des dispositions inconstitutionnelles

Le premier effet du contrôle de constitutionnalité par voie d'exception est l'abrogation des dispositions législatives jugées contraires à la Constitution. Cette abrogation est en principe non rétroactive, sauf lorsque le Conseil en décide autrement. Le texte est alors considéré comme inapplicable à l'avenir, ce qui peut entraîner des conséquences importantes pour les affaires en cours.

Selon le document fourni, dans certains cas, le Conseil constitutionnel module les effets de l'abrogation en différant la date d'entrée en vigueur de la décision pour éviter des effets disruptifs dans les affaires en cours​(202010_qpc2020_synthese…). Ce mécanisme permet de protéger les droits des parties concernées par la disposition inconstitutionnelle tout en évitant des conséquences excessivement lourdes pour l'ordre juridique.

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B. La préservation des droits des justiciables

L'une des principales finalités du contrôle de constitutionnalité par voie d'exception est la protection des droits et libertés fondamentaux des justiciables. En obtenant gain de cause via la QPC, les parties peuvent empêcher l'application d'une disposition législative qui porte atteinte à leurs droits, renforçant ainsi l'effet utile des décisions rendues par le Conseil constitutionnel.

Cependant, comme mentionné dans le document, l'effet utile des décisions peut être limité dans certains cas. Par exemple, lorsque l'abrogation immédiate d'une disposition risquerait d'avoir des conséquences excessives, le Conseil peut décider de restreindre l'application rétroactive de la décision uniquement aux affaires en cours​(202010_qpc2020_synthese…). Cela signifie que, bien que la disposition soit jugée inconstitutionnelle, elle pourrait continuer à produire des effets pour des situations antérieures à la décision.


Conclusion

1. Définitions des termes suivants :

  • Argument a pari : Il s'agit d'un raisonnement juridique par analogie. On applique à un cas non prévu par la loi la même solution qu'à un cas prévu, parce que les deux situations sont comparables.

  • Argument a contrario : Ce raisonnement repose sur l'idée qu'une disposition législative qui prévoit une solution pour une situation particulière exclut, par contraste, que cette solution soit appliquée à une autre situation qui n'est pas explicitement mentionnée. En d'autres termes, si la loi ne prévoit pas une règle dans un certain cas, on en déduit qu'elle ne s'applique pas.

  • Argument a fortiori : Ce type de raisonnement déduit qu'une règle applicable à une situation vaut a fortiori pour une autre situation plus évidente ou plus forte. Par exemple, si une règle s'applique à une situation grave, elle s'appliquera également dans un cas moins grave.

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